14 avril 2025
Communiqué
- Asthme sévère
- CRISALIS
L’asthme est la maladie respiratoire chronique la plus fréquente, touchant entre 6 et 8 % de la population française. Chaque année, elle est responsable de 60 000 hospitalisations et de près de 900 décès, dont 20 % concernent des personnes de moins de 65 ans. Cette pathologie se manifeste par une inflammation chronique des bronches, provoquant des épisodes de détresse respiratoire et de toux persistante, avec une intensité variable selon les individus*.
L’asthme sévère, une réalité encore trop pesante
Malgré les traitements disponibles, environ 130 000 personnes en France, majoritairement des femmes (2/3), avec un âge moyen d’environ 50 ans, vivent avec une forme sévère et résistante de la maladie, marquée par des crises fréquentes, une diminution des capacités respiratoires, une limitation des efforts physiques et un fort impact sur leur qualité de vie.
Depuis quelques années, l’arrivée de biothérapies a transformé la prise en charge de ces patients : ces traitements — des anticorps monoclonaux injectables— ciblent des molécules précises de l’inflammation asthmatique et offrent des résultats spectaculaires, avec des patients qui ne présentent parfois plus aucun symptôme sous traitement.
Mais trois problèmes majeurs persistent :
- La durée optimale du traitement est inconnue : arrêter les injections après un an provoque souvent une rechute rapide, dans les deux à trois mois.
- Le coût très élevé de ces traitements interroge sur leur usage prolongé, surtout s’il s’avère que certains patients n’en ont plus besoin.
- Les effets indésirables d’un traitement prolongé restent mal connus, faute de recul au-delà de trois ans d’utilisation.
C’est pour répondre à cette triple problématique que le réseau CRISALIS (F-CRIN) dédié à l’asthme sévère et le CHU de Toulouse lancent une étude nationale d’envergure, pour répondre à une question encore sans réponse : est-il possible d’interrompre durablement le dupilumab (Dupixent®), un traitement coûteux mais très efficace contre l’asthme sévère, sans aggraver l’état de santé des patients ? Objectif : évaluer, chez des patients asthmatiques sévères traités avec la molécule depuis plus de trois ans et en rémission depuis au moins un an, si l’arrêt du traitement est aussi efficace que sa poursuite pour maintenir une bonne qualité de vie et prévenir les crises.
L’étude WIDUSA : une première mondiale
Le dupilumab, traitement biologique commercialisé depuis 2020 qui cible une molécule participant à l’inflammation des bronches, a montré des résultats spectaculaires dans la réduction des crises d’asthme. Mais aucune donnée n’existe au-delà de trois ans de traitement. L’enjeu est d’ouvrir la voie à une optimisation du suivi thérapeutique, tout en limitant les coûts et les injections inutiles.
Baptisée WIDUSA, coordonnée par le Pr Laurent Guilleminault, co-coordonnateur du réseau CRISALIS (F-CRIN), pneumologue et allergologue à l’hôpital Larrey (CHU de Toulouse), cette étude inédite repose sur un essai clinique contrôlé et randomisé. Elle comparera, pendant deux ans, deux groupes de patients souffrant d’asthme sévère maîtrisé depuis au moins trois ans sous dupilumab : un groupe poursuivant le traitement, un autre testant l’arrêt encadré du médicament.
« C’est la première étude académique au monde qui se penche sur l’opportunité d’arrêter le dupilumab chez des patients en rémission depuis un an. Nous encourageons tous les patients asthmatiques sévères sous dupilumab depuis au moins trois ans à y participer » commente le Pr Laurent Guilleminault.
205 patients recrutés dans toute la France, un espoir pour alléger les traitements sans compromettre leur efficacité
Financée par le ministère de la Santé (Programme Hospitalier en Recherche Clinique National, PHRCN), l’étude WIDUSA prévoit d’inclure 205 patients adultes dans une trentaine de centres hospitaliers dès la rentrée. La participation est gratuite, volontaire et n’impacte pas la qualité du suivi médical. Les volontaires bénéficieront d’un suivi rigoureux tous les six mois, identique à celui des soins courants. En cas de crise, le traitement pourra être réadapté à tout moment.
Si les résultats sont concluants, des milliers de patients pourraient espacer ou arrêter leurs injections, tout en étant suivis de près. Une perspective qui améliorerait leur qualité de vie et réduirait significativement le coût pour le système de santé, tout en apportant des réponses sur la sécurité à long terme des biothérapies.
*Sources : Santé publique France, Haute Autorité de Santé (HAS), Société de pneumologie de langue française (SPLF)
CRISALIS (Clinical Research Initiative in Severe Asthma : a Lever for Innovation & Science), est un réseau français dynamique dédié à la recherche clinique dans l’asthme sévère, constitué de 16 centres membres : les CHU de Lyon et Toulouse (centres coordonnateurs), les CHU de Besançon, Bicêtre (Paris), Bichat (Paris), Bordeaux, Dijon, Grenoble, Lille, Marseille, Montpellier, Nantes, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Reims et Strasbourg, ainsi que l’hôpital Foch (Suresnes). Regroupant des professionnels français de l'asthme sévère, des cliniciens, des chercheurs et membres des sociétés savantes française (Société de Pneumologie de Langue Lrançaise, SPLF) et européenne (European Respiratory Society,ERS), CRISALIS œuvre depuis 2018 pour la concrétisation de projets nationaux et internationaux, ainsi qu’une meilleure prise en charge des patients souffrant d’asthme sévère. Le réseau a pour vocation de favoriser l’émergence de projets de recherche académiques et industriels afin d’améliorer le diagnostic et les stratégies thérapeutiques et d’accroître la visibilité internationale de la recherche française dans le domaine de l’asthme sévère. Pour plus d’informations : https://www.crisalis-network.org
Créée en 2012, portée par l’Inserm et financée par l’ANR dans le cadre de « France Santé 2030 » et le ministère de la Santé, F-CRIN (French Clinical Research Infrastructure Network) est une organisation d’excellence au service de la recherche clinique française. Elle a pour but de renforcer la compétitivité́de la recherche clinique française à l’international, d’identifier et labelliser les réseaux de recherche, faciliter la mise en place d’essais cliniques académiques ou industriels, et développer l’expertise des acteurs de la recherche clinique, en mutualisant les savoir-faire, les objectifs et les moyens. L’organisation, qui dispose d’une unité́de coordination nationale localisée à Toulouse, a déjà labellisé et fédère actuellement 17 réseaux d’investigation clinique ciblant des maladies d’intérêt général, deux réseaux d’expertise et une plateforme de supports sur mesure offrant l’ensemble des services nécessaires à la conduite des essais cliniques. Au total, F-CRIN représente une force de frappe de plus de 1 400 professionnels en recherche clinique. F-CRIN bénéficie du soutien de plusieurs CHU, universités et fondations. Pour plus d’informations : https://www.fcrin.org/
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