Le réseau NS-PARK/F-CRIN est un réseau de recherche d'excellence multidisciplinaire rassemblant des neurologues et chercheurs spécialistes de la maladie de Parkinson et des mouvements anormaux sur l’ensemble du territoire français. Il regroupe actuellement 36 centres académiques dont les 25 centres Experts Parkinson labellisés par le Ministère de la Santé. Ses fortes capacités de recrutement, la formation de ses équipes et l'association de certains de ses centres avec des centres d'investigation clinique garantissent la réalisation d'études de qualité.
NS-PARK, le réseau de recherche clinique sur la maladie de Parkinson et des mouvements anormaux
Le réseau NS-PARK provient de la fusion en 2013 de trois réseaux nationaux de recherche existant précédemment : le réseau Neurosciences des centres d’investigation clinique, le réseau de génétique de la maladie de Parkinson et le réseau France Stim dédié à la stimulation cérébrale profonde. Cette fusion a permis de regrouper l’expertise collective française dans les différents domaines de recherche sur la maladie.
Le réseau NS-PARK bénéficie depuis 2014 d’un label et d’un financement par l’infrastructure nationale de recherche clinique F-CRIN qui lui a permis d’élargir son champ de compétences et d’activités.
Initialement, l’activité du réseau NS-PARK était essentiellement centrée sur la réalisation d’essais cliniques. Le réseau s’est investi ces dernières années dans des études visant à identifier et tester de nouvelles cibles thérapeutiques et de nouveaux médicaments potentiels mais aussi dans des études permettant d’évaluer des médicaments déjà commercialisés dans de nouvelles indications concernant la maladie de Parkinson et les mouvements anormaux. Les études menées au sein du réseau portent à la fois sur la neuroprotection, les symptômes moteurs, les complications motrices et les symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson, la génétique mais également sur les autres syndromes parkinsoniens tels que l’atrophie multi-systématisée (AMS) et la paralysie supranucléaire progressive (PSP).
Organisation
Le réseau NS-PARK regroupe actuellement 36 centres académiques dont les 25 centres Experts Parkinson labellisés par le Ministère de la Santé.
Expertises scientifiques
L'activité scientifique particulièrement riche du réseau NS-PARK démontre sa dynamique et son importance pour la recherche au plan national et international.
Aujourd'hui, l'un des enjeux majeurs est d'approfondier la connaissance des liens entre le profil de progression de la maladie et les mécanismes biologiques sous-jacents, ce qui permettra de développer des stratégies thérapeutiques ciblées en fonction du profil des patients et ainsi d’évoluer vers une médecine personnalisée. Dans cette optique, le réseau NS-PARK a consacré ces dernières années beaucoup d’énergie au développement de la cohorte nationale NS-PARK commune à tous les centres du réseau, grâce au soutien financier de F-CRIN et du plan Maladies Neurodégénératives (Ministère de la santé). Cette cohorte n'a pas d'équivalent et sera un formidable outil de recherche dans les années à venir.
Expertise en recherche de la pathologie
- Imagerie
- Biologie
- Physiopathologie,
- Epidémiologie,
- Comorbidités
- Biomarqueurs, nouvelles cibles thérapeutiques
- Intolérance médicamenteuse
- Impact de l'environnement (allergies) et conséquences sociétales
Expertise en recherche clinique
- Respect des bonnes pratiques cliniques
- Expérience en tant que centres associés ou promoteurs : essais mono/multicentriques, multinationaux, randomisés, contrôlés
- Soutien opérationnel des équipes de recherches cliniques des centres (direction des recherches cliniques des structures hospitalières)
- Contribution à la constitution de registres et de biobanques
Projets achevés et résultats marquants
Chaque année, le réseau contribue à des avancées concrètes en recherche clinique, avec plusieurs études finalisées. Quelques exemples :
Un total de 156 personnes ont été incluses, avec 78 assignées à chaque groupe. Les scores MDS‑UPDRS partie III au départ étaient d’environ 15 dans les deux groupes.
À 12 mois, les scores MDS‑UPDRS partie III avaient évolué de −0,04 point (indiquant une amélioration) dans le groupe lixisénatide, et de 3,04 points (indiquant une aggravation du handicap) dans le groupe placebo → différence : 3,08 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,86 à 5,30 ; P = 0,007.
À 14 mois, après une période de washout de 2 mois, les scores moteurs MDS‑UPDRS en état off‑médication étaient de :
- 17,7 (IC 95 %, 15,7 à 19,7) avec lixisénatide
- 20,6 (IC 95 %, 18,5 à 22,8) avec placebo
Les autres résultats concernant les critères secondaires ne différaient pas substantiellement entre les groupes.
Des nausées sont survenues chez 46 % des participants recevant du lixisénatide, et des vomissements chez 13 %.
Conclusions :
Chez des participants atteints de maladie de Parkinson débutante, le traitement par lixisénatide a entraîné une moindre progression du handicap moteur qu’un placebo à 12 mois dans cet essai de phase 2, mais a été associé à des effets indésirables gastro‑intestinaux.
Des essais plus longs et de plus grande ampleur sont nécessaires pour déterminer les effets et la sécurité du lixisénatide chez les personnes atteintes de maladie de Parkinson.
Lien vers la publication : Trial of Lixisenatide in Early Parkinson’s Disease | New England Journal of Medicine
Les troubles du contrôle des impulsions (ICDs) sont fréquemment observés dans la maladie de Parkinson (MP). Le réseau NS-PARK a donc cherché à déterminer si la clonidine, un agoniste des récepteurs α2‑adrénergiques, pouvait améliorer les ICDs.
La réseau a mené un essai multicentrique dans cinq services spécialisés en mouvements anormaux. Des patients atteints de MP et présentant des ICDs (n = 41) ont été inclus dans une étude de 8 semaines, randomisée (1:1), en double aveugle, contrôlée par placebo, évaluant la clonidine (75 μg deux fois par jour).
La randomisation et l’attribution aux groupes ont été réalisées via un système informatique centralisé.
Le critère principal était la variation à 8 semaines de la sévérité des symptômes mesurée par le QUIP‑RS (Questionnaire for Impulsive‑Compulsive Disorders in Parkinson’s Disease – Rating Scale). Une réduction de plus de 3 points du sous‑score le plus élevé du QUIP‑RS, sans augmentation des autres dimensions, définissait un succès.
Conclusions :
Entre le 15 mai 2019 et le 10 septembre 2021, 19 patients ont été inclus dans le groupe clonidine et 20 dans le groupe placebo.
La différence de proportion de succès à 8 semaines était de 7 % (borne supérieure unilatérale de l’IC 90 % : 27 %) :
- 42,1 % de succès dans le groupe clonidine
- 35,0 % dans le groupe placebo
Comparés aux patients du groupe placebo, ceux du groupe clonidine ont présenté une réduction plus importante du score total QUIP‑RS à 8 semaines :
- 11,0 points avec clonidine
- 3,6 points avec placebo
Lien vers la publication : Efficacy and safety of clonidine for the treatment of impulse control disorder in Parkinson’s disease: a multicenter, parallel, randomised, double-blind, Phase 2b Clinical trial - PMC
Projets en cours
Le réseau est actuellement engagé dans plusieurs études multicentriques visant à faire progresser les connaissances et les pratiques cliniques, parmi lesquelles :
- PREVENT ICD - Dr Louise Laure Mariani
- Utilisation d’un algorithme de prédiction des ICD dans la prise en charge des patients atteints de maladie de Parkinson
- Essai thérapeutique randomisé en 2 bras parallèles comparatif du traitement par pompe à Apomorphine en monothérapie versus Polythérapie. Investigateur coordonnateur : PR Ana Marques, CHU de Clermont-Ferrand.
Plusieurs études à promotion industrielle, ROCHE PARAISO, NOVARTIS NI0752, LUNDBECK – Lu AF28996, VANQUA – VQ 101-201.
Contacter le réseau
Pour en savoir plus sur le réseau, rendez-vous sur leur site web : NS-Park | Réseau national de recherche clinique sur la maladie de Parkinson
Ou n'hésitez pas à contacter les chefs de projet du réseau : Nacim Miri (Nacim.miri@inserm.fr) et Fatma Khelifi (Fatma.khelifi@inserm.fr)
